PARDONNER C’EST DIRE OUI A L’AMOUR
Image : Ermitage (supérieur) de Poggio bustone - lieu du pardon de François - lieu de départ en mission des
premiers frères. Lieu très très fort lorsque j'accompagne les pèlerins. Lieu que j'aime!
« Loué sois-tu mon Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour pour toi ; qui supportent épreuves et
maladies : heureux s’ils conservent la paix, car par toi, Très Haut, ils seront couronnés ». (François d’Assise - Cantique
des Créatures v.10-11)
Quel don est le plus précieux pour la vie de l’homme, sinon le pardon, don du Christ. Sans le pardon, nous serions
voués définitivement à la mort car le processus de réconciliation qui nous ouvre à la vie éternelle, ne pourrait s’accomplir.
Quand le Christ annonce : « Le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les
péchés », il nous dit : « Je prends sur moi de pardonner. Je ferai ce qu’il faut, je m’en charge auprès du Père. Je vous offre la possibilité de revenir au Père. » Quelle
promesse, quel engagement ! Le Christ nous donne la certitude qu’avec son pardon il fait de nous des « hommes nouveaux » et nous fait renaître à la vie.
Savons-nous vraiment apprécier ce don fait à chacun en particulier et sans
contrepartie ?
Savons-nous en ressentir la valeur profonde ? Ou pensons-nous que nous pouvons continuer à vivre notre vie sans
la grâce du pardon et de la réconciliation ?
Sommes-nous conscients que ce don nous permet à notre tour de pardonner ?
Les Pères de l’Eglise nous rappellent tous : « Votre frère est votre vie » « Tu aimeras ton
prochain comme ton propre moi ». Ainsi, pardonner est un acte d’amour envers soi et envers l’autre. C’est de cette façon que nous nous accomplissons en tant qu’êtres humains faits à l’image
de Dieu.
Sommes-nous tous prêts à accepter le pardon purificateur que le Christ nous offre et l’apaisement qui
l’accompagne ?
Il semble bien que non. Certains d’entre nous vont même jusqu’à dire : « Je ne me pardonne pas »
« Je suis impardonnable ». Quel orgueil ! Nous nous plaçons au dessus de Dieu par notre refus de nous pardonner, par le refus du pardon de l’autre et celui du pardon de Dieu. Il
faut d’ailleurs bien comprendre les deux sens de notre refus : nous pouvons refuser de pardonner à l’autre mais nous pouvons aussi refuser son pardon. Nous pouvons refuser le pardon de Dieu
et nous ne pardonnons pas à Dieu. Sans réciprocité d’accueil du pardon, il ne peut y avoir de véritable conversion.
Si le pardon est tellement difficile à demander, à donner ou à recevoir c’est que nous cherchons à nous justifier
coûte que coûte : ce n’est pas moi le coupable, c’est l’autre qui a allumé les hostilités. La première brisure avec Adam et Eve, à l’aube de l’histoire humaine, s’ouvre sur une relation
d’amour blessée suivie d’un sentiment de honte. Notre difficulté à pardonner, ou à recevoir le pardon, est engendrée par ce sentiment de honte plus ou moins refoulé, nous tenons à le cacher mais
sans succès car, comme dit Job : « Dieu met à découvert ce qui est caché dans les ténèbres » (Jb 12,22)
Dieu prend l’initiative de la guérison de la brisure, c’est-à-dire du péché qui est éloignement de la source de vie,
dislocation de l’être. Il répare, rétablit l’unité. Alors, tout pardon formulé sur terre a une résonance au ciel : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui
nous ont offensés ». Nous pouvons pardonner parce que Dieu, le premier, offre son pardon. Parce qu’il est disposé à nous prêter main-forte.
Comme disait le curé d’Ars : « Ce n’est pas le pécheur qui revient à Dieu pour lui demander pardon, mais
c’est Dieu qui court après le pécheur et qui le fait revenir à lui. »
Ecoutons le Pater paraphrasé de saint François d’Assise - v 9-10
« Pardonne-nous nos offenses
Par la vertu de la Passion de ton Fils bien-aimé
Notre Seigneur Jésus-Christ ;
Par les mérites et par l’intercession
De la bienheureuse Vierge Marie
Et de tous tes élus.
Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ce que nous ne pardonnons pas pleinement,
Toi, Seigneur, fais que nous le pardonnions pleinement :
Que nous aimions vraiment nos ennemis à cause de toi ;
Que nous arrivions à te prier sincèrement pour eux ;
Qu’à personne nous ne rendions le mal pour le mal,
Mais que nous nous appliquions à faire du bien à tous, en toi !
Il était évident que, pour François d’Assise, nous sommes responsables de la paix dans le monde, bien au-delà du
cercle où nous évoluons. « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera ». Ces mots doivent forger en nous un cœur nouveau. La violence et le
mal sont terriblement contagieux, mais le bien et la paix le sont aussi. Poser des gestes de pardon avec son conjoint, un voisin de palier grincheux, un collègue de bureau irascible, c’est
peut-être faire lever un rayon de paix à l’autre bout de la planète, car nous sommes solidaires et responsables pour tous et en tous. Mais si nous n’apprenons pas à faire la paix, à pardonner, à
partager un peu d’amour, alors, comme le dit le Christ, « les pierres crieront ».
Que faire si nous n’arrivons pas à pardonner ou si cela nous paraît humainement
impossible ?
C’est par la voie de l’humilité et de l’amour que le Christ accorde le pardon. Et quand il veut pardonner aux
bourreaux qui le crucifient - c’est chacun de nous - le Christ ne s’approprie pas le pardon à lui tout seul, mais il le demande au Père : « Père, pardonne-leur… » Aussi,
quand nous n’arrivons pas à pardonner parce que la blessure est trop grande ou que la haine s’est installée, faisons mémoire du pardon de Dieu et nous réaliserons que ce pardon est sans
condition.
Si nous ne pouvons y accéder mais que notre désir de pardon est profond et sincère, demandons au Seigneur de nous
aider à accomplir ce pardon en nous-mêmes.
Mais quand le mal est trop profond et qu’il nous ronge au point d’endurcir notre cœur, cessons de nous faire du mal
avec le mal que l’on nous a fait, demandons au Seigneur qu’il mette le désir du pardon dans notre cœur.
Pardonner, c’est donner de son sang. Pardonner, c’est donner une partie de soi-même. Pardonner, c’est communier au
corps et au sang du Christ et prendre pour modèle la Miséricorde de Dieu.
Pardonner, c’est laisser résonner en nous la voix de Dieu qui pardonne :
« Père, pardonne-leur… »
Suzanne Giuseppi Testut ofs
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Pour votre information voici où vous pourriez rencontrer Suzanne dans les prochaines
semaines.
- Au Foyer Franciscain - Rue A. de Quartery 1 1890 St-MAURICE, SUISSE - Tél : +41 (0)
24.486.11.11
- Week-end de formation franciscain et conférence les 17 et 18 avril à Saint Maurice en
Suisse
Du Samedi 17 au Dimanche 18 avril 2010 - de 9h à 17h30
DEPOSER SA VIE AVEC FRANCOIS D'ASSISE
Samedi :
"poussé par l'Esprit, saint François apprend à déposer sa vie entre les mains du Christ"
"La déposition est une initiation à la vie intérieure"
Dimanche :
"Le repentir - voie d'Espérance et de guérison"
"Pourquoi recourir à Dieu et que nous permet-il ?"
- Temps de mission - Parcours spirituel (depuis un an) - district de la
Vallée de la Cèze - le 25 avril
- Poursuite de la formation du groupe d'Orthez (Landes) les 30 avril - 1er et 2 mai
- Au Couvent des Clarisses - 35 rue Saint Gilles 64300 ORTHEZ - Tél :
05.59.69.46.55
Du Samedi 1er au Dimanche 2 mai 2010 - de 9h à 18h.
SAINT FRANCOIS D'ASSISE ET LE CHRIST DE SAINT DAMIEN
Mystère et Symbolisme "Icône de la Résurrection, cette croix tient lieu de Livre et d'Eglise"
(J'anime cette retraite avec le frère Francisco Liborio T.O.R.)
- A la Maison diocésaine de Bordeaux - Centre Louis Beaulieu - 145 rue Saint Genès 33082 BORDEAUX
Le Jeudi 6 mai à 20h.
CONFERENCE SUR "LA DEPOSITION’’
- Conduite et animation du Pèlerinage à Assise avec le groupe de la Vallée de la Cèze du 23 au 31 mai
- Partage sur la déposition avec les Clarisses Françaises d'Assise, début juin
- Au Québec en Octobre 2010, plus de détails dans un proche avenir.
- Sherbrooke le mercredi 13 octobre
(plus de détails bientôt)