EMISSION RADIO MAURICIENNE
LE TEMPS DE L’AVENT
L’Avent.
La longue attente d’Israël.
Ce temps proposé par l’Eglise rappelle la longue attente d’Israël, tout entière tournée vers l’avènement
du Messie. En Israël, chaque enfant mâle est considéré comme étant le « très attendu ».
Dès le premier chapitre de la Genèse, il nous est dit que Dieu créa les cieux et la
terre.
Le Messie est celui qui va réaliser le mariage entre le Ciel et la terre ; entre Dieu et
l’humanité. Il est annoncé par les prophètes comme le libérateur. En fait, toute l’Écriture Sainte est christocentrique.
La parole de Dieu dans l’Ancien Testament, manifeste déjà le Verbe et trouve donc tout son sens dans son
Incarnation.
Le « oui » de Marie.
- Cette attente
trouve son accomplissement dans la naissance de Jésus de Nazareth.
- Cette naissance
est le fruit de la volonté divine et du « OUI » de Marie. « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta Parole » répond-elle à l’archange Gabriel en
Luc 1/38.
Ainsi :
- Par Marie,
l’attente d’Israël sera comblée.
- Par Marie,
l’humanité entière engendre Dieu qui se fait homme.
L’accueil de Jésus.
La nativité du Christ est signe d’accomplissement de la promesse. Marie est dans la méditation du
Mystère de l’Incarnation du Verbe. En elle, Dieu est devenu participant de la nature humaine.
- C’est pourquoi
Marie est appelée, Arche de l’alliance.
La nativité sera vécue dans la plus grande discrétion. « Il est venu chez lui et les siens ne
l’ont pas reçu » (Jn 1/11)
Comment les premiers chrétiens se préparent-ils à la venue du
Christ ?
- Tout d’abord les
premiers chrétiens sont soucieux de conserver dans leur cœur la mémoire de la Sainte famille, Marie-Joseph-Jésus. Il y a dans cela une part
de sacré, de pur, de doux.
Temps de cheminement.
Temps béni pour la famille, pour cheminer ensemble. Temps de rapprochement, de partage, de dialogue, de
soutien et de communion où les parents et les enfants peuvent se rejoindre dans une même espérance. Temps de joie en attendant l’accueil de l’Enfant Jésus.
- Puis, grâce à
cette mémorisation, les chrétiens vont prendre conscience de la part du Mystère du Fils de Dieu, c’est-à-dire du Christ Seigneur dans sa toute puissance.
Chemin d’interrogation et de réflexion qui doit nous conduire à l’acceptation de la part invisible, inaccessible de ce Mystère. Or, l’acceptation du Mystère affermit les cœurs et la foi. Et, plus
il y a acceptation, plus le Mystère se dévoile. Dès lors, il y a une progression spirituelle qui se fait dans le cœur de l’homme.
L’acceptation du Mystère est un temps de travail intérieur.
Temps d’intériorisation où le Christ Seigneur peut sembler bien loin de nos réalités terrestres, dans un
au-delà qui nous échappe. Mais temps béni de prière ou chacun peut essayer de se reconnaître au cœur du mystère de l’autre. Car l’autre, mon prochain, reste toujours un mystère. Ce temps
d’intériorisation est donc un temps de réconciliation. C’est cette acceptation du mystère de l’autre, dans le respect et l’amour, qui me rend proche de tous ceux qui m’entourent au-delà de toutes
les incompréhensions et qui m’aide à m’approcher du Mystère de Dieu.
L’acceptation du Mystère est aussi un temps de représentation.
Temps de préparation de la crèche avec toutes ses figurines et l’espace libre pour accueillir l’Enfant
Jésus. Mais figurines inertes, sans souffle de vie. Où est l’homme dans tout cela ?
- Grâce à tous ces temps, le passage se fait. Du mystère du Fils de Dieu,
inaccessible, c’est-à-dire du Christ Seigneur dans sa toute puissance, nous passons au mystère du Fils de l’Homme c’est-à-dire au Christ Enfant Jésus, Homme
parmi les hommes, ses frères.
- Durant le temps de l’Avent, nous nous représentons la nativité car elle est connue,
nous nous préparons à l’accueil du Mystère, mais le jour de l’Incarnation, nous voyons et nous contemplons la Lumière du monde.
Ce passage marque le temps de l’Humanité, de la présence de Jésus dans la vie des hommes.
En vivant la réalité de la Présence, nous contemplons Jésus vrai Dieu et vrai Homme.
Le Christ vient parmi nous, avec notre chair. Nous pouvons le voir et établir avec
Lui une vraie relation. Il n’est plus inaccessible, le Mystère se dévoile. C’est ce qu’à voulu faire vivre saint François d’Assise, il y a 800 ans, aux pauvres gens du village de Greccio en
Italie.
En effet, le Christ, comme incarnation de Dieu est « l’Au-delà au milieu de
nous » (Dietrich Bonhoeffer) Un niveau de réalité entièrement différent fait alors irruption dans notre vie.
Cela se traduit par la possibilité pour l’homme de donner une autre orientation à sa
vie et de procéder à un retournement et à un changement de vie total. Cela lui permet d’entrer dans sa liberté d’enfant de Dieu.
Le temps de l’Avent est donc un temps d’initiation.
- Nous partons du connu
pour arriver au vécu.
- Nous contemplons le
Fils de Dieu se laissant déposer dans les bras de l’humanité et nous pouvons nous déposer à notre tour dans ses bras. Nous pouvons bercer l’Enfant et nous laisser bercer ensuite à notre
tour.
Alors, préparons-nous durant ce temps pour vraiment vivre, le moment venu, la réalité de la Présence et de l’amour. Contemplons le
Christ vivant et laissons-nous aimer pour, à notre tour, aimer sous le regard du Christ et marcher dans ses pas.
Rendons grâce et prions avec saint François d’Assise :
« De même, par le saint amour dont tu nous as aimés, tu as fait naître ton Fils vrai Dieu et vrai homme, de la glorieuse Vierge Sainte Marie »
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