Vendredi 9 décembre 2011
5
09
/12
/Déc
/2011
06:42
L'Évangile selon saint Marc (1/6)
Peut-on savoir qui est Marc?
Somme-nous en mesure d’identifier l’auteur du deuxième évangile ?
Bien que son nom apparaisse à quelques reprises dans le Nouveau Testament, est-ce que ce Marc a été un disciple de Jésus, et par le fait même un témoin oculaire ?
Marc ne figure pas dans les listes d’apôtres. Un détail propre au récit de la passion selon Marc a conduit certains commentateurs à reconnaître l'évangéliste dans le
personnage du jeune homme anonyme qui, ayant suivi Jésus lors de son arrestation, s'enfuit tout nu lorsque des soldats l'agrippent par son manteau pour l'arrêter (14, 50-52). Comme le « disciple
bien-aimé » dans l'Évangile selon saint Jean, ce personnage évoquerait peut-être le disciple qui suit son Maître jusqu'au bout. C’est le choix de la Traduction œcuménique de la Bible.
Les Actes des apôtres mentionne la présence d'un disciple du nom de Marc. C'était probablement dans la maison de sa mère que se rassemblaient les chrétiens de Jérusalem
et c’est là que Pierre vint les retrouver après sa libération miraculeuse de prison : Et s'étant reconnu, il se rendit à la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, où une assemblée assez
nombreuse s'était réunie et priait (Actes 12, 12).
Ce Jean, surnommé Marc, accompagnera Paul et Barnabé lors de leur premier voyage missionnaire. Mais il les abandonnera en Pamphylie pour retourner à Jérusalem (Actes 13,
5-13). Ce départ déplut à Paul et lorsque celui-ci proposa à Barnabé de retourner visiter les communautés qu’ils avaient fondées, il n’obtempéra pas à la suggestion de Barnabé de reprendre Marc,
car il n’avait pas travaillé avec eux. C’est ainsi qu’ils se séparèrent ; Barnabé reprit Marc et Paul partit avec Silas (Actes 15, 36-40).
Le nom de Marc apparaît à la fin de la Lettre aux Colossiens et dans la Première lettre de Pierre. Dans les deux cas, il fait partie de l’entourage des auteurs de ces
lettres : Aristarque, mon compagnon de captivité, vous salue, ainsi que Marc, le cousin de Barnabé, au sujet duquel vous avez reçu des instructions : s'il vient chez vous, faites-lui bon accueil
(Colossiens 4, 10) ; Celle qui est à Babylone, élue comme vous, vous salue, ainsi que Marc, mon fils (1 Pierre 5, 13).
On peut difficilement affirmer que ce personnage de Marc soit hors de tout doute l’auteur de l’évangile. Cependant, à partir du 2e siècle, la tradition chrétienne est
unanime pour attribuer le deuxième évangile à Marc. Saint Irénée et Clément d‘Alexandrie affirment que Marc est l’interprète ou le secrétaire de Pierre dont il aurait mis par écrit les mémoires.
Justin, un philosophe chrétien qui a vécu à Rome au 2e siècle, ne cite pas Marc dans ses œuvres, mais il parle des « Mémoires de Pierre ». Le lien le plus explicite sera fait par Papias (vers
110), évêque d’Hiérapolis en Phrygie, dont le témoignage est rapporté par Eusèbe de Césarée (263-339) au 4e siècle :
« C’est bien ce que le presbytre avait coutume de dire : Marc, ayant été l’interprète de Pierre, écrivit avec soin, quoique sans ordre, tout ce dont il se souvenait des dits et
des faits du Seigneur. Car ce n’est pas le Seigneur qu’il avait lui-même entendu et suivi, mais Pierre, et cela bien plus tard seulement, comme je l’ai dit. Celui-ci donnait son enseignement
selon les besoins, sans établir de suite ordonnée, dans les sentences du Seigneur. Ainsi, Marc ne commit-il pas d’erreur en écrivant d’après ses souvenirs. Il n’avait qu’une préoccupation : ne
rien omettre de ce qu’il avait entendu et ne rien apporter de faux. » (Histoire ecclésiastique, Livre III, 39, 15-16).
Ces divers témoignages révèlent que la tradition chrétienne attribue assez tôt à Marc la composition d’un évangile, sans pourtant en faire un disciple de Jésus, mais en
le rattachant à Pierre. Ce lien permet d’assurer l’authenticité de l’œuvre.
Source www.interbible.org
Autres dossiers