Jeudi 26 août 2010
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En pleine polémique sur les Roms, Mgr Centène souligne que « les catholiques pourraient s’inspirer des valeurs des Gens du voyage »
À l’occasion du 54e Pèlerinage des Gens du voyage à Lourdes du 19 au 25 août, Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes et responsable de la pastorale des Gens du voyage, revient sur la
marginalisation des Roms dans notre société. Faisant écho à l’appel de Benoît XVI, dimanche
lors de l’Angélus, à accueillir les hommes de toutes origines, Mgr Centène invite les catholiques à s’inspirer des valeurs des Gens du voyage.
© ELORZA_CIRIC
L’Église catholique peut-elle esquiver les polémiques qui entourent, depuis plusieurs semaines, les Roms et les Gens du voyage ?
Le rôle de l’Église n’est pas de prendre parti pour les associations ou pour le gouvernement. Ni angélisme, ni amalgame. Mais la récupération est inévitable dans le contexte actuel. Tout est
blanc ou noir, et on peine à trouver des nuances… L’aumônerie des Gens du voyage refuse les généralisations hâtives. En clair, ce n’est pas le mode de vie des Tsiganes qui est facteur
d’exclusion. La délinquance est liée à la marginalisation. Plus les Tsiganes seront marginalisés et plus ils auront tendance à s’installer dans les marges. Ils seront tentés d’avoir recours à
des moyens d’existence peu orthodoxes… Je crois que la sécurité ne peut venir que de relations réciproques. La répression, seule, ne fait que cristalliser les choses.
Pourquoi les Gens du voyage attachent-ils autant d’importance à leurs racines et à leur famille ?
Les Tsiganes sentent que leurs valeurs sont attaquées par la société moderne. En particulier les valeurs relatives à la famille et à la communauté qui heurtent notre hyper individualisme. Leur
sens – extrême – de la solidarité ne cadre pas avec les impératifs de performance. Dans ces domaines-là, les autres catholiques pourraient s’inspirer des valeurs des Gens du voyage.
Mais leur nomadisme n’est-il pas contraire à nos valeurs ?
Leur mode de vie traduit quelque chose de notre situation de pèlerin, toujours en marche vers la Patrie. Il constitue pour nous une sorte de parabole, il nous rappelle le mode de vie des
patriarches de l’Ancien Testament toujours en marche vers la Terre promise. Comme le soulignait Charles Péguy, nos cités de la Terre sont le corps de la cité de Dieu. L’âme reste ailleurs !
Samuel Pruvot
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Source http://www.famillechretienne.fr
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