Bonjour,
Les médias nous bombarde chaque jour avec la tragédie qui se vie en Israel et Gaza, et avec raison, mais comment se fait-il que l'on ne parle pas des milliers de morts et
blessés en RDC ? Je vous soumet un article en provenance de Franciscans International, organisme de la Famille Franciscaine oeuvrant aux Nations Unies. Appuyons leur travail en
le faisant connaitre et si nous le pouvons, par un don.
Conseil des Droits de l’Homme
Huitième Session
Spéciale
Sur la situation des droits de l’homme à l’Est de
la
République Démocratique
du Congo
Déclaration conjointe
de Franciscans International et de Pax Romana.
Franciscans International et Pax Romana demeurent préoccupés par la détérioration de la situation des droits de l’homme née de la reprise en août 2008 du conflit à l’Est de la RDC déjà
endeuillée par cinq ans de guerres civiles entre 1998-2003 ayant causé environ 5 millions de morts et des personnes demeurées depuis vulnérables qui continuent de mourir par milliers et marqué
les esprits par les crimes d’agressions
sexuelles, les millions de refugiés et de personnes déplacées, la dégradation des biens, de la faune et de la flore.
Depuis la reprise des conflits en août 2008 entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), les miliciens mai-mai et le Mouvement rebel du Congrès National pour la
Défense du Peuple (CNDP), plus de 250 000 nouvelles personnes déplacées viennent s’ajouter aux centaines de milliers d’autres personnes qui errent déjà dans la région depuis la guerre de
1998-2003. Les familles restent disloquées. Selon l’UNICEF, les affrontements ont contraint la plupart des écoles à fermer leurs portes et plus de 150 000 enfants sont ainsi privés du droit à
l’éducation. L’organisation affirme, par ailleurs, que les enfants âgés de moins de 14 ans continuent d’être enrôlés, notamment à Kitchanga, Rugare et Rutshuru. En outre, les agressions sexuelles
contre les filles mineures et des femmes demeurent une pratique récurrente dans les zones affectées par le conflit.
Les accords de paix signés à Nairobi en Novembre 2007 et à Goma en janvier 2008, n’ont pu empêcher la recrudescence de la violence rendant encore plus vulnérables des populations fragilisées
par des conflits à répétition. La médiation engagée par les Nations Unies et conduite par l’ex président Nigérian Olusegun Obasanjo n’a que faiblement contribuée à l’amélioration de la situation.
Après la Déclaration du Conseil
de Sécurité du 21 octobre 20081 consécutive à la lettre2 du Secrétaire Général des Nations Unies, le Conseil de Sécurité a adopté la résolution 18433 le 20 novembre autorisant « l’augmentation temporaire des effectifs autorisés du personnel militaire et des
unités de police constituées de 2 785 et de 300 éléments respectivement ». Pour mettre un terme à la situation humanitaire précaire à l’Est de la République
Démocratique du Congo (RDC), il est impérieux
de traduire le plus rapidement dans les faits les décisions prises afin de conjurer les menaces qui continuent de planer sur les populations civiles.
En effet, beaucoup de zones restent encore inaccessibles à
l’aide humanitaire. De plus, les camps de refugiés sont sous la menace
de nouvelles attaques. Des épidémies de cholera et de rougeole notamment – sont à craindre et la malnutrition risque de frapper des milliers d’enfants déplacés parfois séparés de leurs parents.
Si les combats ne cessent pas le plus rapidement possible et une réponse effective n’est pas trouvée à la crise humanitaire, les efforts pour le rapatriement des anciens refugiés dans les pays
voisins seraient compromis.
Relayant la Déclaration du Comité permanent des Evêques sur la guerre dans l’Est et dans le Nord-Est de la RD
Congo en date du 13 novembre 2008 faisant état du « drame humanitaire » en cours et extrêmement préoccupées par la précarité et la volatilité de la situation en RDC, notamment à l’Est, nos deux
organisations demandent au Conseil des droits de l’homme de :
- Renforcer les capacités en termes de ressources du Bureau des Nations Unies aux
Droits de l’Homme (BNUDH) en RDC, notamment son bureau de Goma, afin que des investigations soient menées par rapport aux violations des droits de l’homme, notamment l’enrôlement des enfants dans
le conflit, les crimes d’agressions sexuelles, les exécutions sommaires et extrajudiciaires et autres exactions commises sur les populations civiles et à l’environnement et que les auteurs soient
punis conformément au droit international ;
- Envoyer en RDC les Rapporteurs Spéciaux dont les mandats sont concernés par les
violations commises, notamment la Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences, le Rapporteur Spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou
arbitraires afin de mener leur
enquête sur la situation actuelle de conflit dans la Province Est de la République Démocratique du
Congo.
- Exhorter le Conseil de sécurité à déployer dans « l’immédiat » les ressources
supplémentaires annoncées dans la résolution 1843 et à prendre des mesures effectives pour la protection des populations civiles et assurer le respect des droits de l’homme et des libertés
fondamentales ainsi que le respect des règles
du droit international humanitaire ;
- Sommer les parties au conflit ainsi que leurs alliés à cesser immédiatement le conflit et à appliquer les
accords de paix conclus à Nairobi et à Goma ;
- Recommander l’inscription de la RDC à l’agenda de la Commission de Consolidation de la Paix des Nations Unies.
Enfin, gardant à l’esprit les implications régionales du conflit, nos deux organisations
demandent au Conseil des droits de l’homme d’exhorter la communauté internationale à soutenir avec les ressources nécessaires, la mise en oeuvre des 10 Protocoles relatifs aux droits de
l’homme et au droit humanitaire contenus dans le Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la Région des Grands Lacs4 signé en décembre 2006 par les 11 pays de la région.
1 S/PRST/2008/38 du 21 octobre 2008.
2 S/2008/703 du 31 octobre 2008.
3 S/RES/1843 (2008) du 20 novembre 2008.
4 Le Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la Région des Grands Lacs a été signé en
décembre 2006 entre 11 pays des Grands Lacs et des pays voisins: Angola,
Burundi, République Centrafricaine, le Congo, République Démocratique
du Congo, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, le Soudan et la Tanzanie. Les 10 Protocoles sont: Protocole sur la non-agression et la défense mutuelle dans la Région des Grands Lacs, Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance, Protocole sur la coopération judiciaire, Protocole sur la
prévention et la répression du crime de génocide, des crimes de guerre
et des crimes contre l’humanité et de toute forme de discrimination,
Protocole sur la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, Protocole sur la zone spécifique de reconstruction et de développement, Protocole sur la prévention et la répression de la violence sexuelle à l’égard des femmes et des enfants, Protocole sur la protection et l’assistance aux personnes
déplacées, Protocole sur les droits à la propriété des rapatriés et
Protocole sur la gestion de l’information et de la communication.
Source : http://www.franciscansinternational.org/docs/rdc.pdf